Présentation de la Recherche-Action Participative

"Accompagnement des citoyen·nes et futur·es citoyen·nes dans les processus de changement en vue d’une transition sociétale"

La Recherche-Action, un processus à part entière

"Le principe d’une RAP est de s’élaborer “recherche faisant”. Malgré une planification (objectifs fixés, temporalités choisies, moyens privilégiés), il est impossible d’établir à l’avance tous les effets, les produits et les résultats de la recherche33. La manière dont une RAP se construit dans le temps dépend donc de “l’art d’élaborer la méthodologie qui convient à la situation”. En d’autres termes, au cœur du “design de processus” de la RAP, soit des différentes étapes qui la constituent in fine, se situe une ingénierie, c’est-à-dire un ensemble de méthodes et de procédés qui ont été déterminés par les différentes échelles du collectif." [Cf Rapport "Grandir Avec la Nature" - FRENE]

La recherche-action participative est donc un processus flexible qui permet de produire de la connaissance dans un domaine tout en agissant concrètement dans une logique de partenariat apprenant. Elle valorise la collaboration, l’inclusion et l’action concrète, permettant aux participant·es de s’approprier le processus de recherche et les solutions développées. Elle participe à la construction collective des connaissances nécessaires pour faire face aux défis sociaux, environnementaux et sanitaires. Elle permet également de nouer des relations entre sciences humaines et sociales et professionnel·les de terrain.

En s’inscrivant dans des pratiques de partenariat apprenant d’éducation et de recherche, les membres partenaires élaborent collectivement un processus qui leur permet d’apprendre en cherchant à développer des pratiques pédagogiques et à coconstruire des savoirs académiques. La dimension apprenante de la démarche concourt donc par essence au développement professionnel des personnes qui s’y impliquent.

Les membres contribuent, chacun et chacune à leur mesure, à toutes les phases de la recherche scientifique (problématisation, questions de recherche, méthodes, recueil et analyse des données, communication des résultats). Le collectif élabore ainsi “recherche faisant“ des méthodes et des savoirs. Il se base sur des pratiques fondées sur des valeurs de partage, d’égalité d’estime et d’équité des intelligences mais aussi sur des savoirs. L'acteur ou l’actrice connaît son terrain, le nomme et l’explicite de ses propres savoirs. Le chercheur ou à la chercheuse apporte ses savoirs scientifiques, sa méthodologie, et la possibilité de la reconnaissance des résultats par ses pairs.

Si vous voulez en savoir plus sur le processus de Recherche-Action, voici quelques ressources à consulter :

Le changement de comportement

Le changement de comportement et, plus largement, l’évolution des modes de vie, sont devenus des enjeux clés de la transition écologique. S’il existe un accord sur la nécessité de modifier les usages et les pratiques, les actions à conduire sont plus complexes à définir et à mettre en œuvre. Il est possible de s’appuyer sur différentes méthodes et outils (information et éducation, communication engageante, marketing individualisé, accompagnement au changement, nudges, etc., sans oublier les incitations économiques et les obligations réglementaires ou juridiques). Pour autant, choisir et utiliser au mieux ces outils nécessite de connaître la pertinence propre à chacun. Sur quels fondements s’appuient-ils ? Comment abordent-ils la question du changement de comportement, et comment cette façon de l’aborder explique-t-elle la réponse qu’ils y apportent ? (Source : Ademe)

L'accompagnement au changement désigne l’ensemble des processus structurés destinés à aider les individus, les équipes et les organisations à s'adapter et à adopter de nouvelles façons d’agir, de nouvelles méthodologies ou de nouvelles structures organisationnelles. Ces processus visent à minimiser la résistance au changement et à maximiser l'adhésion et l'engagement des parties prenantes.

L'accompagnement au changement est essentiel pour la réussite des transitions écologiques et sociales, qu'il s'agisse de la mise en place de nouvelles solutions, de la modification des comportements, de la mise en œuvre de nouvelles stratégies ou de toute autre initiative nécessitant un ajustement significatif de la part des parties prenantes.

L'éducation à la nature et à l'environnement et l'accompagnement au changement sont étroitement liés, la sensibilisation et l'éducation étant souvent des prérequis essentiels pour encourager des comportements et des pratiques plus durables. Les méthodes de l’éducation à l’environnement et de l’éducation populaire, par l’approche complexe et expérientielle, par la pédagogie de projet, visent à la fois les changements comportementaux individuels et l’engagement collectif.

Afin de réussir les transformations imposées par les crises environnementales et sociales il est nécessaire que les éducations dans tous les domaines (santé, social, insertion, socio-culturelle, sport, alimentation...) prennent mieux en compte les résistances au changement et les processus d’adhésion. Cela renforcera l’impact des actions de ces secteurs.

• Théorie du changement de comportement : Possède une dimension Cyclique, c’est un processus long
• Partir du public : Il faut identifier où en est le public, les Personnes sont acteurs du changement. Adhésion pour et par soi à une nouvelle valeur
• Attitudes & comportements : Il faut aller dans la profondeur, au-delà du simple comportement, peut être étudier et viser les attitudes ?
• Oser un champ exploratoire : Ne pas se rassurer des modèles habituels et de l’intellectualisation de la théorie. Il faudra s’intéresser à la dimension du sensible, de l’affect et corporel : prendre l’individu dans sa globalité
• Ethique, démocratie et pouvoir d’agir: Requestionner ces notions de paternalisme libertarien, de changements de comportements « imposés », de la place du pouvoir d’agir des publics et de la démocratie.
• Ethnocentrisme : S’interesser aux autres visions de la transition, à des visions internationales et d’autres cultures. Par exemple : « Transformation » en amérique du sud au lieu de « Transition ».
• Systémie des transitions : La transition, c’est un tout, et ne peux pas être fragmentée.
• La résilience : Etudier cette notion et la force avec laquelle elle peut agir auprès des publics concernant de réels changements de comportements ? Fait lien avec travaux d’Amélie L sur les expériences positives ET négatives qui ont toutes deux un impact ?

• Terme transition(s) et ses adjectifs
• Essayer de changer un comportement « ciblé »
• Garder un point de vue trop anthropocentré
• Concernant le changement de comportement, il y’a beaucoup de matière intellectuelle, théorique et mentale. • Prendre l’individu dans sa globalité, de ne pas aller seulement sur de la sur-intellectualisation de cette notion
• Attention au paternalisme « libertarien » dans le choix des comportements à adopter
• Parfois le changement de comportement est imposé, est ce démocratique ? Quel pouvoir d’agir et de penser des publics ? Qui décide ce qui est bien et mal ?
• « Conduite » vs « Accompagnement » du changement de comportement

Consultez ces ressources dans notre onglet "ressourcerie"
• Le changement de comportement par Gaston Boudreau
• Le Modèle Trans-théorique du Changement de Comportement par Prochaska et DiClemente
• Le Manuel de Transition par Rob Hopkins
• La théorie des Green Nudges par Eric Singler
• L’écoformation par Dominique Cottereau
• Approche Systémique de la Transition par Cyril Masselot
• L’effet Rebond par François Schneider
• La transition énergétique n’aura pas lieu par Jean-Baptiste Fressoz
• La boussole de la résilience par le CEREMA
• Par delà Nature & Culture par Philippe Descola
• De l’experience en nature à l’écocitoyenneté par Ecotopies
• Trois types d’autorité pour trois modèles de relation pédagogique par Christian Reynaud

Présentation de la Recherche-Action Accompagner au Changement

Le FRENE coordonne cette recherche-action participative depuis 2025, associant des réseaux régionaux d'éducation à l'environnement, des animateur·ices et éducateur·ices à la nature et à l’environnement ; des chercheur·euses en sciences de la communication, sciences de l’éducation, sociologie, psychologie et anthropologie.

Cette recherche-action porte sur l’impact des actions de sensibilisation et "d’éducation à" afin former et d’outiller les associations pour accompagner leurs bénéficiaires au changement, en prenant en compte les résistances au changement et les processus d’adhésion.

Objectif général

Outiller les associations pour accompagner leurs bénéficiaires au changement, en prenant en compte les résistances au changement et les processus d’adhésion.

Objectifs opérationnels

1. Animer un consortium pluridisciplinaire et interprofessionnel sur la question (sociologie, psychologie sociale, sciences de l’information et de la communication, sciences de l’éducation…).
2. Recenser les initiatives locales et territoriales concernant l’accompagnement au changement.
3. Concevoir, coordonner et réaliser des études de terrain pour documenter et mesurer l’impact des actions d’éducation à l’environnement sur les changements de comportement, en fonction des cadres d’actions et des méthodes employées.
4. Rédiger et diffuser un ouvrage de référence articulant théories, analyses et outils qui facilitent le changement de comportement chez les publics.

L'éducation à la nature et à l'environnement et l'accompagnement au changement sont étroitement liés, la sensibilisation et l'éducation étant souvent des prérequis essentiels pour encourager des comportements et des pratiques plus durables. Les méthodes de l’éducation à l’environnement, par l’approche complexe et expérientielle, par la pédagogie de projet, visent à la fois les changements comportementaux individuels et l’engagement collectif.

Afin de réussir les transformations imposées par les crises du climat et de la biodiversité, il est nécessaire que l’éducation à la nature et à l’environnement prenne mieux en compte les résistances au changement et les processus d’adhésion. Cela renforcera l’impact social des actions du secteur de l’éducation à la nature et à l’environnement et au-delà.

En documentant ces processus dans notre cadre d’expertise thématique, nous visons à documenter l’ensemble du monde associatif, en particulier dans les sphères du social, de la culture, de la santé et de l’engagement citoyen. Dans un processus donnant-donnant, les acteurs de ces secteurs pourront également enrichir la vision construite par les collectifs d’éducation à l’environnement au cours de ce processus de recherche et d’expérimentation.

Le terrain de la recherche se déploit actuellement dans 4 territoires : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Mayotte. Les réseaux régionaux d'éducation à l'environnement de chacune de ces régions, soit le GRAINE BFC, le GRAINE PACA, le GRAINE ARA et le Réseau EEDD976, font donc parti intégrante de cette RA. Ces réseaux participent au Comité d'accompagnement, et accompagnent les structures locales de leur région, tout au long de la recherche.


Afin de permettre une étude large, nous proposons de réaliser une vingtaine d’expérimentations dans des cadres et auprès de différents publics, au travers de thématiques et méthodologies utilisées variées. Dans l'intention de produire des resultats robustes et non-isolés, plusieurs expérimentations auront soit des publics, méthodes d'interventions ou thématiques abordées, similaires.

La méthodologie de recherche est construite collectivement, chemin faisant, en cohérence avec les protocoles de Recherches-Action Participatives.

Echelle de la RA

Cette recherche-action participative s’organisera selon 3 échelles :
  • A l’échelle nationale, elle sera animée par un comité de pilotage porté par le FRENE et composé de professionnels de l’éducation à l’environnement, de l’éducation populaire et de la recherche, reflétant la mixité de ses acteurs, pédagogues, chercheurs et coordonnateurs. Il se réunira 3 à 4 fois par an en présentiel et en visio et aura pour vocation d’animer le processus, d’accompagner le collectif méthodologiquement par la conception d’un cadre et l’animation des regroupements.
  • A l’échelle territoriale, un deuxième cercle sera constitué par les accompagnateur·rices-chercheur·euses, qui auront pour rôle de soutenir les projets locaux et d’aider à leur mise en œuvre dans les territoires, d’animer une dynamique locale et d’assurer le lien avec le niveau national. Le calendrier sera défini en fonction des rythmes et besoins du territoire et en articulation avec les événements nationaux.
  • A l’échelle locale, les animateur·ices et éducateur·ices, pédagogues-chercheur.es élaboreront et mettront en œuvre les actions pédagogiques sur leurs terrains au sein de leur territoire. Ils collecteront les données, participeront à leur analyse et la formalisation des résultats. Chaque échelle d’intervention dans la recherche participera ainsi aux différentes étapes du processus qui se co-construisent à mesure des avancées, permettant à la fois une agilité de l’organisation par l’adaptation et le réajustement possible, et un croisement des analyses et savoirs professionnels fertiles pour le projet. La co-construction sera rendue possible via des échanges réguliers, physiques et dématérialisés, notamment un séminaire annuel réunissant l’ensemble des parties prenantes chaque année. Un recensement des projets, outils, et techniques existants viendra compléter la base documentaire sur laquelle s’appuiera le chercheur collectif constitué par le groupe d’acteurs et d’actrices.

Les parties prenantes du Comité D'accompagnement

Réseaux territoriaux d’éducation à la nature et à l’environnement :
  • GRAINE ARA
  • GRAINE Bourgogne-Franche-Comté
  • GRAINE PACA
  • Réseau EEDD 976

Chercheurs – laboratoires de recherche :
  • Christian Reynaud et Agnieszka Jeziorski - Enseignant·es-Chercheur·euses à LIRDEF – Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Education Formation - Sciences de l’éducation
  • Cyril Masselot : Enseignant chercheur en sciences de l’information et de la communication. Il s’intéresse aux transitions, à l’intelligence territoriale et à l’accompagnement des changements sociaux.
  • Christophe Demarque : Maître de conférences en psychologie sociale à l’Université d’Aix- Marseille Université, membre du Laboratoire de psychologie sociale (LPS UR849), co-directeur du Département de Psychologie. Ses travaux se centrent notamment sur la question du rapport au temps (et en particulier au futur) dans une perspective psychosociale et particulièrement les liens entre rapport au temps et perception des problématiques environnementales.
  • Georgeta STOICA I Maître de conférences en Anthropologie - Chargée de mission Coopération régionale et Relations Internationales - CUFR Mayotte – Département des Sciences de l’éducation - Université de la Réunion

Acteurs de terrain

15 à 20 structures d’éducation à l’environnement réparties sur les 4 régions concernées étaient visées initialement. Découvrez l'ensemble des acteur·ices de terrain actuellement impliqué·es dans cette recherche dans notre onglet "projet locaux"